Plan de cession : comment acquérir une entreprise en redressement judiciaire ?

Reprendre une entreprise dans le cadre d’un plan de cession, c’est accéder à des actifs, à une clientèle ou à des savoir-faire à des conditions souvent bien en deçà du marché. Mais cette opportunité est strictement encadrée par la loi – et mal préparée, elle peut tourner court.

Qu’est-ce qu’un plan de cession ?

Lorsqu’une entreprise en redressement judiciaire ne peut pas être sauvée par un plan de redressement – faute de capacité financière ou de perspective viable – le tribunal peut décider d’organiser la cession de tout ou partie de l’entreprise à un repreneur extérieur.

Les objectifs du plan de cession sont : le maintien de l’emploi, la poursuite de l’activité et l’apurement du passif.  Les offres sont ainsi évaluées sur des critères qualitatifs autant que financiers.

Le plan de cession peut porter sur l’ensemble de l’entreprise ou sur une ou plusieurs branches d’activité. Les contrats de travail des salariés repris sont automatiquement transférés au cessionnaire.

Qui peut déposer une offre de reprise ?

Toute personne physique ou morale peut, en principe, déposer une offre de reprise – à l’exception du débiteur lui-même, de ses dirigeants et de leurs proches (sauf autorisation exceptionnelle).

Cette restriction vise à éviter que le dirigeant ne reprenne sa propre entreprise à moindre coût, au détriment des créanciers. Elle s’étend aux sociétés contrôlées par le débiteur ou ses associés.

Comment se déroule la procédure ?

Le processus suit plusieurs étapes clés :

  • L’appel d’offres : l’administrateur judiciaire publie un appel à candidatures et recueille les offres dans un délai fixé par le tribunal. Ce délai est court – quelques semaines – et les candidats doivent se positionner rapidement.
  • Le dépôt de l’offre : l’offre doit être écrite, détaillée et répondre à un cahier des charges précis. Elle doit notamment indiquer le prix proposé, les actifs repris, le nombre de salariés maintenus, les perspectives d’activité et les garanties de financement.
  • L’examen des offres : le tribunal examine les offres lors d’une audience, en présence de l’administrateur judiciaire, du mandataire judiciaire, des représentants des salariés et des principaux créanciers. Il retient l’offre qui assure le mieux le maintien de l’emploi de l’activité, et qui permet un règlement des créanciers. 
  • Le jugement arrêtant le plan : le tribunal arrête le plan de cession par jugement. La cession devient effective à la date fixée par le tribunal.
  • La signature de l’acte de cession : bien que le candidat repreneur entre en jouissance dès l’arrêté du plan de cession, le transfert de propriété n’intervient qu’à compter de la signature de l’acte de cession. 
Quels actifs peut-on reprendre ?

Le repreneur peut choisir de reprendre tout ou partie des actifs : fonds de commerce, matériel, stocks, brevets, marques, baux commerciaux, contrats en cours … Il n’est pas tenu de reprendre l’ensemble de l’entreprise.

Point essentiel : dans le cadre d’un plan de cession, le repreneur ne reprend pas le passif de l’entreprise. Il acquiert les actifs sans les dettes – ce qui constitue l’un des grands avantages de cette voie par rapport à une acquisition classique. 

Les pièges à éviter

La rédaction de l’offre est un exercice délicat. Une offre mal formulée, insuffisamment étayée ou qui ne répond pas aux critères du tribunal sera tout simplement écartée, quelle que soit la qualité du projet.

Parmi les erreurs fréquentes :

  • Sous-estimer les engagements en matière d’emploi requis par le tribunal ;
  • Ne pas apporter de justificatifs solides de financement ;
  • Méconnaître les obligations liées à la reprise d’actifs grevés d’une sûreté ;
  • Oublier d’identifier précisément les contrats en cours dont la continuation est souhaitée.

À l’inverse, une offre bien construite et bien défendue devant le tribunal peut faire la différence face à des concurrents mieux offrants financièrement mais moins convaincants sur le projet.

Pourquoi se faire accompagner ?

Le plan de cession est une opportunité réelle – mais c’est aussi un terrain juridique exigeant, avec des délais courts et des règles strictes. Se faire accompagner par un avocat permet de sécuriser chaque étape : identification des opportunités, analyse du dossier, rédaction de l’offre, représentation devant le tribunal et sécurisation juridique de l’acquisition.

Vous êtes à la recherche d’une opportunité de reprise ou souhaitez déposer une offre dans le cadre d’un plan de cession ? Contactez-moi pour en échanger.